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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 08:06
Quelques éléments de réponse en provenance de l'INSEE, qui publie le 17 février 2010 " Les salaires en France - Édition 2010 " :

" Au cours de la période 2002-2007 les salaires nets annuels du secteur privé ont augmenté en moyenne de + 0,6 % par an en euros constants pour les postes à temps complet ; pour ceux de la fonction publique, le constat est différencié selon qu’on s’intéresse à la fonction publique d’État (+0,1% par an en moyenne), à la fonction publique hospitalière (-0,3%) ou à la fonction publique territoriale (+ 0,5 % par an). "

Ces chiffres se passent, je crois, de commentaires.

La totalité de cette publication est accessible ici.


On pourrait évoquer d'autres sujets.

Exemples ?

En matière d'arrêt maladie, un salarié va bénéficier, après il est vrai une possible carence de trois jours (encore que de plus en plus souvent elle n'est plus applicable, plusieurs branches ou entreprises ayant bien compris leur intérêt que des salariés malades et potentiellement contagieux ne se forcent pas à venir au travail), d'une couverture prolongée, souvent complétée par différentes conventions collectives ou régimes de prévoyance obligatoires.

Et les fonctionnaires ?

Au bout de trois mois d'arrêt sur les douze dernier (une jambe cassée et une rééducation quotidienne, une maladie qui s'installe, un accident de la route avec une longue hospitalisation, etc.), c'est demi traitement !

Et la retraite ? Oui elle est calculée plus favorablement pour les fonctionnaires que pour les salariés du secteur privé (encore qu'il y a la aussi des contres exemples), mais il n'y a pas de prime de mise en retraite, alors que ces primes atteignent régulièrement plusieurs mois à plusieurs années dans le secteur privé.



Harmonisation ?

Pourquoi pas, mais après une étude d'ensemble de ces questions, pas en baissant les retraites des fonctionnaires sans compenser les plus faibles salaires et sans prévoir une indemnité de mise en retraite, pas en baissant le nombre de fonctionnaires en même temps que leurs salaires, etc.

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commentaires

Inspectiondutravail 17/05/2010 07:37


Un article des Echos sur ce thème : Le débat s'échauffe sur le gel du salaire des fonctionnaires

http://www.lesechos.fr/info/france/020540359146.htm?xtor=EPR-1004-[RH]-20100517

Extraits :

" Faut-il geler le salaire des fonctionnaires ? Alors que les plans de rigueur lancés par l'Espagne, la Grèce, l'Irlande ou le Portugal prévoient le gel ou la baisse des rémunérations des agents
publics (« Les Echos » du 14 mai), la question se pose désormais en France. A l'approche de la négociation salariale triennale 2011-2013, fin juin, entre l'Etat employeur et les syndicats, « le
sujet n'est pas encore mûr mais il y a un vrai débat », confient plusieurs sources gouvernementales. Seule certitude : des baisses franches de salaires sont exclues, notamment car « ce serait
contre-productif avec la reprise de la croissance ».

[...]

« Ce n'est pas aux fonctionnaires de payer pour une crise dont ils ne sont aucunement responsables », prévient la CGT, très inquiète, comme les autres centrales, qu'un gel soit « une hypothèse de
plus en plus vraisemblable ». « Les fonctionnaires ont déjà beaucoup été pénalisés ces dernières années. Il faut au contraire revaloriser réellement leur traitement », abonde la CFDT.

[...]

Le débat pourrait aussi se porter sur la redistribution aux agents de 50 % des économies réalisées par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux (500 millions d'euros par an). A ce stade, il
ne semble toutefois pas probable de revenir sur cette promesse présidentielle, beaucoup estimant que le jeu n'en vaudrait pas la chandelle. "




Mon commentaire ?

Après le travailler plus pour gagner plus devenu travailler plus pour les uns et ne plus travailler pour les autres, il parait logique, dans un souci de continuité, d'accélérer les suppressions de
postes de fonctionnaires (tout en augmentant les objectifs, continuité on a dit) tout en bloquant voir diminuant simultanément les salaires, tant qu'à ne pas tenir des promesses autant y aller
franchement.

Toucher aux impôts ? Non..... ca c'est une promesse tenue alors..... Les très riches continuent de partir alors que la promesse était qu'en faisant payer moins d'impôts aux très riches ils
resteraient voire reviendraient en France et que l'opération serait rentable ? Et bien baissons encore les impôts alors, c'est pourtant si simple. Et puis après on manquera d'argent donc on
baissera encore les dépenses.

Si simple.


Inspection du Travail 17/05/2010 07:38



Lien article des Echos ici.



chris 23/02/2010 17:42


Tout d’abord, merci d'avoir publié mon précédent post, et merci de publier celui là, si c'est effectivement le cas, étant donné la modération a priori.
Et merci pour votre réponse.

Sur le sondage :
Même si le sondage que vous citez date de plus de deux ans, je pense que les résultats seraient, à quelques variantes près, globalement les mêmes si on faisait le même sondage aujourd’hui.
Mais on sait tous ce que valent les sondages, tout dépend de la manière de formuler les questions, et donc d’en interpréter les résultats. Le slogan du loto « 100% des gagnants ont tenté leur
chance » l’illustre parfaitement. On pourrait traduire par « 100% des fonctionnaires défendent leur statut … », étant donné la surreprésentation dans la population salariée du nombre de
fonctionnaires (un actif sur 4 aujourd’hui contre un actif sur 9 en 1950 !)

Sur les salaires :
Vous citez un document INSEE de 2001 qui conclut que le salaire dans le public est supérieur en moyenne à celui dans le privé, mais vous dites que vous parliez de l’évolution des salaires entre
2002 et 2007. Dont acte.

Je me suis donc intéressé au document INSEE Les principales évolutions de salaire sur la période 2002-2007,
cf : http://insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/SALFRA10b.PDF

Il semblerait que vous n’ayiez pas lu la dernière page du document

S’il est vrai qu’au cours de la période 2002-2007 les salaires nets annuels du secteur privé ont augmenté en moyenne de + 0,6% par an en euros constants pour les postes à temps complet ; que pour
ceux de la fonction publique, le constat est différencié selon que l’on s’intéresse à la fonction publique d’État (+0,1% par an en moyenne), à la fonction publique hospitalière (-0,3%) ou à la
fonction publique territoriale (+ 0,5%par an), il n’en demeure pas moins que le revenu salarial moyen est favorable aux fonctionnaires.
A titre d’exemple, en 2007 (soit au terme de l’évolution sur la période que vous citez), il s’élève selon l’INSEE à 18 239 euros pour l’ensemble des salariés et à 17 723 euros pour les seuls
salariés du privé (ce qui signifie que le revenu salarial moyen du public est de 18 755€, supérieur de + de 1 000€ à celui du privé).
Il reste donc plus intéressant financièrement parlant et en moyenne de travailler dans le secteur public plutôt que dans le secteur privé (ce qui est une explication décisive sur l’engouement pour
travailler dans l’administration, salaire supérieur en moyenne + emploi protégé = attirance certaine du public)

Pour le reste je suis globalement en accord avec vous, sur la nécessité de traiter les abus plutôt que de les accepter et de baisser les salaires de fonctionnaires notamment (mais qui en a parlé
?)
De même je ne vous dirai pas que le monde de l’administration est rose, comme dans toute hiérarchie humaine il est forcément plus rose pour ceux d’en haut que pour ceux d’en bas…
Et je pense que la fâcheuse tendance administrative à vouloir enterrer les problèmes en interne plutôt que les affronter ouvertement est pour beaucoup dans une certaine forme de malaise que l’on
rencontre parfois dans l’administration.

Finalement, on va finir par se rejoindre sur de nombreux points !


Inspection du Travail 23/02/2010 18:11


Pour la modération soyons clair : le fait de ne pas être d'accord avec moi n'est pas un motif valable de non publication.

Pour la rémunération moyenne plus élevée dans le public que dans le privée je l'ai signalé (allez hop, je me cite moi même, il est vrai que je n'avais pas donné les chiffres que vous avez bien
voulu indiquer) : "Le salaire moyen est un peu plus élevé dans le public que dans le privé, mais les comparaisons doivent être faites pour un même niveau de qualification."

Il y a plus de dîplomés dans le public (les enseignants y sont numériquement pour beaucoup) et les comparaisons doivent donc se faire à même niveau : sans diplôme, BAC, BAC+2, etc. Si les diplômes
ne font pas tout, il n'est pas possible de dire qu'ils ne sont rien.

Pour le poids des fonctionnaires eux même dans les sondages sur l'image des fonctionnaires vous avez raison ; l'article cité donne d'ailleurs des chiffres détaillés : "L’image de la fonction publique est logiquement meilleure auprès des salariés du secteur public (85% en ont une bonne image) et notamment des salariés de la fonction publique
(83%), mais elle est aussi majoritairement bonne auprès des salariés du secteur privé (59%, contre 40% d’avis contraire)".

59% c'est moins que 85% mais ca reste une majorité et environ 1,5 fois plus que les 40% de salariés du secteur privés qui ont une mauvaise image de la fonction publique.


Je suis heureux d'avoir eu cet échange avec vous.

J'espère avoir autant de réactions aux thèmes spécifiques "inspection du travail" (qui est l'objet du blog) qu'à ce thème plus général.

Si vous connaissez quelqu'un (salairé, employeur, avocat, syndicat, etc.) qui a eu un bon ou mauvais contact (ou n'a justement pas pu entrer en contact) avec l'inspection du travail, n'hésitez pas
à le diriger vers ce blog (pour une présentation neutre, pas pour distribuer des bons points ou régler des comptes).


chris 18/02/2010 14:32


Ce que vous avez écrit est l’exemple type du discours totalement déconnecté de la réalité tenu par beaucoup de fonctionnaires.
Je suis moi-même fonctionnaire, et pour défendre la fonction publique il y a certainement des arguments plus pertinents que les vôtres

Votre premier argument sur les salaires est fallacieux, vous demandez « est ce que les fonctionnaires sont trop payés ? » et vous apportez une réponse sur la seule augmentation des salaires, ce qui
n’est qu’une partie du problème. Comparer deux salaires ne se limite pas à comparer leur augmentation sur la même période pour en déduire que celui qui a le plus augmenté est au final le meilleur
salaire.
D’autant que vous ne retenez que le salaire brut de base si je comprends bien, ce qui biaise le résultat puisque vous ne retenez pas les parts de prime, qui représentent une part non négligeable du
salaire des fonctionnaires.

Votre deuxième argument sur les arrêts maladie ne tient pas la route.
Vous évacuez le délai de carence d’un revers de la main, or bien souvent les arrêts sont de courte durée dans le privé (alors que dans l’administration on ne compte pas les abus de ceux qui
profitent du système jusqu’à leur 90ème jour de plein traitement, et miracle qui guérissent subitement le 91ème jour…)
Dans le privé le régime légal ne prévoit pas de durée d’indemnisation supérieure à 90 jours encore faut il avoir 31 ans d’ancienneté, ce qui n’est pas donné à tout le monde !), sauf convention plus
favorable.
Dans le privé l’absence au travail va se répercuter sur l’avancement, sur les primes de productivité, etc… Or, rien de tout cela dans le public

Par contre, vous auriez eu raison de souligner que pour les fonctionnaires ce n’est qu’une fraction des primes qui compte pour la retraite, c’est là où est l’inégalité.
Mais certainement pas sur le calcul de la retraite elle-même qui reste toujours plus favorable que celui du privé.
Vous auriez eu raison de dire que les fonctionnaires, leur travail, leurs résultats, tout cela n’est pas valorisé comme ça devrait l’être. Vous auriez eu raison de dire qu’on demande toujours plus
de statistiques sans intérêt aux fonctionnaires, pour mieux masquer l’incapacité de la hiérarchie à manager ses effectifs. La notion de direction de ressources humaines n’a d'ailleurs aucun sens
dans l’administration puisqu’on place les gens pour boucher les trous et non pour utiliser leurs compétences

A vous entendre on a plus l’impression d’un discours syndicaliste préfabriqué qui défendrait les acquis (cad les privilèges) du statut des fonctionnaires, que celui d’un inspecteur du travail
objectif.

Il n’y a pas à s’étonner que les fonctionnaires aient une image si dégradée dans l’opinion avec de tels discours.


Inspection du Travail 18/02/2010 22:29



Bonjour et merci pour votre commentaire sur ce sujet qui dépasse largement l'objet du blog mais concerne bien évidemment les inspecteurs du travail (agents de la fonction publique d'État de
catégorie « A+ », c'est à dire dont la grille de rémunération est un peu plus élevée que celle applicable aux agents e catégorie A type, comme par exemple les attachés d'administration)
et les contrôleurs du travail (agents de catégorie B+ ou CII pour les spécialistes du droit de la fonction publique).


 


 


Sur le premier point, j'ai peur de devoir vous donner tort : l'INSEE a retenu le salaire net versé au cours de l'année, donc intégrant les primes et les éventuels autres éléments de rémunération.


Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/SALFRA10c.PDF


Page 2/55 numérotée 8 en bas de page (pour la fonction publique d'État, voir le cadre « définitions » en bas de la page) et page 3/55 (qui indique comme source le fichier de la paye de
l'État)


 


Vous avez par contre raison de dire qu'il faut différencier niveau de salaire et évolution des salaires (quelqu'un qui serait payé deux fois plus que la moyenne et qui serait un peu moins
augmenté resterait mieux payé que la moyenne).


Qu'en est-il sur cette question ?


Le salaire moyen est un peu plus élevé dans le public que dans le privé, mais les comparaisons doivent être faite pour un même niveau de qualification.


Des éléments de réponse, toujours du côté de l'INSEE, à cette adresse :


http://insee.fr/fr/publications-et-services/docs_doc_travail/g2001-11.pdf


 


L'étude date de 2001 (et comme l'évolution décrite commence en 2002 ca tombe bien) et indique que le public paye mieux les femmes et les personnes peu diplômées en province, et que le privé paye
mieux les femmes en région parisienne, ainsi que hommes ayant un BAC+2 ou plus, tant en province qu'à Paris (avec un écart encore plus grand en région parisienne qu'en province).


 


Précisons que les inspecteurs du travail doivent, pour se présenter au concours de recrutement qui est très sélectif, disposer d'un BAC+3 (bien plus en pratique, souvent BAC+4/+5, parfois plus)
et que les contrôleurs du travail doivent disposer d'un BAC+2 (souvent bien plus).


 


S'il est vrai que l'affirmation n'est pas totalement vraie pour tous les cas (voir plus haut), on peut par contre dire qu'inspecteurs et contrôleurs du travail étaient moins bien rémunérés en
2001 que les personnes disposant du même niveau de diplôme et travaillant dans le privé, et que depuis 2001 les salaires des agents de l'État a évolué de manière bien moins favorable que le
salaire moyen dans le privé. C'est bien plus long que ma première version, mais plus juste, merci à vous !


 


 


 


Sur le deuxième point (arrêts maladie), je dois avouer honteusement ne pas avoir regardé les chiffres avant d'écrire mon article.


Éléments de réponse ? Ici ==>


http://www.ifrap.org/Arrets-maladie-Des-fonctionnaires-plus-controles-des-2010,11415.html


Extrait pour les derniers chiffres disponibles : « le taux d’absentéisme est de 5,5% dans le privé, 7,3% dans la fonction publique d’État, 11% dans la fonction publique hospitalière et 11,3%
dans la fonction publique locale. »


Il semble donc y avoir des abus (l'article lié parle d'ailleurs du renforcement des contrôles dans le public). Une telle situation justifie pleinement une analyse pour comprendre les causes de
cet absentéisme (un autre article de l'IFRAP se termine par la phrase suivante : « Cette statistique cache-t-elle le malaise profond d’une fonction publique en quête de sens ou un
comportement abusif de la part d’individus profitant du système ? » / Peut être les deux ?).


S'il y a des abus il faut lutter contre (y compris renforcer les contrôles et éventuellement instaurer une franchise comme dans le régime de base du privé – qui encore une fois est souvent
amélioré par des conventions collectives ou des accords d'entreprise). Mais mon propos visait à souligner que le discours politique et médiatique parle actuellement toujours des
« avantages » du public, pas des inconvénients, et que s'il faut harmoniser il faut le faire dans les deux sens (pour reprendre nos exemples respectifs, si une franchise identique à
celle du privée est instaurée dans le public, il faut aussi logiquement supprimer la chute en demi traitement au bout de trois mois).


Bref, si des abus existent il faut les traiter, pas les accepter et baisser le niveau général des salaires en "contrepartie".


 


Je partage globalement vos autres arguments, que les autres lecteurs n'hésitent pas à dire ce qu'ils en pensent


 


J'espère que les arguments complémentaires apportés et les références ajoutées vous rassureront sur mon objectivité.


Et pour l'image selon vous dégradée des fonctionnaires, permettez moi, de façon objective, de vous inviter à lire l'article suivant : http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/2428.asp


L'article date de 2008 (je suis preneur de chiffres plus récents si quelqu'un en trouve), un court extrait : « près des trois-quarts des personnes interrogées (70%) qui déclarent avoir une
bonne image de la fonction publique en France, contre 29% seulement qui en ont une mauvaise image  », et un autre sur les questions de salaire : « un Français sur trois (33%) juge que
« de manière générale, la rémunération actuelle des fonctionnaires est trop faible» ; 41% penchent pour une rémunération adéquate (« ni trop forte, ni trop faible »),
seulement 18% des Français ont le sentiment que cette rémunération est « trop forte » ».








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